__________________[point de vue: Bill]
Je la regarde du coin de l'oeil. Ses courbes parfaites me parcourent comme un frisson, une décharge électrique. Elle attend,encore, patiemment. Décidée à nous ignorer royalement. Désespérante.
Mon cher frère et Georg parlent d'elle comme de vrais commères! Découragent.
Elle les entend, eux et leurs insinuations mesquines, j'en suis sûr...j'ai honte.
___Gustav lève les yeux sur moi, j'y lit "bon..on fait quoi maintenant? Je suis pas rassuré moi!". Je lui souris, posant ma main vernie sur son épaule puis pars ouvrir à Talia. Je traverse l'allée bordée de haies fraîchement coupées et de rosiers bien maigres. Je sort la clef de la poche de mon slim, la tourne dans la serrure...
_______________________________La clef de notre destin.
Elle murmure un imperceptible "merci" puis rentre d'un pas presser Affligeante.
____________________[point de vue:Talia]
-Mais de rien!
Je me retourne, il parait tellement heureux, avenant, qu'on y voit toutes ses dents et des pommettes d'enfant...Déstabilisant. J'ignore sa sympathie et demande l'emplacement de la chambre d'ami. Je n'ai jamais étais très à l'aise face au situation trop simpliste.
-La haut.
Un simple hochement de tête et je grimpe à l'étage. Il semble comprendre que je souhaite qu'il reste en bas et me laisse trouver la chambre seule. Sans gène, j'ouvre porte après porte. Je finis par tomber sur une pièce assez spacieuse (comme toute celles de cette demeure, si je peux l'appeler ainsi) dépourvue d'affaires personnelles, ou presque. Des étoiles brillent en moi quand je vois par la fenêtre que la neige est en train de tomber. Je m'y précipite, l'ouvre à la volé et enfuis ma tête sous les flocons.
Mes cheveux commençant à être plus qu' humides, je m'allonge sur le lit, le vent d'hivers traversant la pièce de long en large. Besoin de solitude. Ma drogue._____________________________Mes yeux vaguent sur le plafond blanc, je souffre, oh, Ollie, pardonne moi! Dire que je suis là où t'as toujours rêver d'être...toi qui était si vivante! Il à fallu que tu meures pour que ça se produise..._________La mort est injuste, à peine plus que la vie.
____Cette vague. Une vague de chaleur mais avec une sorte de vent glaciale qui me liquéfie de l'intérieur. Mes doigts fourmillent. Vite.
Je parcoure la pièce des yeux à la recherche d'une simple paire de ciseaux ou d'un couteau. Rien. Et or de question de descendre à la cuisine. Je veux les fuir. M'éloigner le plus possible de ces boulets qui ont tant hantés mes nuits et embellies celles d'Ollie.
Je me stoppe sur une bouteille en verre remplie de sable. Vous savez, ces bouteilles qu'on remplis de sable multicolore à sept ans. On est si fier de notre travail qu'on la montre à tout le monde et à la fin de la journée, on la tellement remué qu'on ne distingue plus aucune couleur. Mais nous protestons, remontons le torse et disons que "on à fait exprès". Mensonges!
___________________________________________Je m'en saisis, fébrile. La poubelle en fer me tente particulièrement. Aller Tal, de toute manière, dorénavant, c'est toi la femme de ménage dans cette foutu baraque!
D'un coup je brise la bouteille contre le rebord en fer. Le verre se verse sur le parquet comme une vague tranchante, accompagnant le sable avec son élan. Bateaux roses, verts, bleus, pris par la tempêtes. Je me saisis d'un morceau et commence à me mutiler.
Cette souffrance...j'ai envi de la vomir, l'extirper d'un geste disgracieux et laid. Mais je sais que ça ne changera rien, j'ai tant essayer. Tout est identique après, excepté le goût immonde dans la bouche. Alors que voulez-vous, je fais sortir cette bête qui me ronge comme je peux.
Je laisse le verre pénétrer lentement dans ma chaire. Sur le rebord je vois perler quelques gouttes de sang. Des millier de piques me transpercent le bras laissant derrière eux une sensation de douleur d'une épaisseur d'un fil de fer. Douleur qui monte petit à petit le long de mon bras. Elle s'empare de moi.
__________________[point de vue:Tom]
Je sursaute, ce bruit. On a brisé quelque chose, on dirait un verre qui tombe au sol. Je regarde Bill, il hausse les épaules, l'air de rien. Il est bizarre depuis qu'on est arrivé au commissariat ...va falloir que je le surveille! Il est capable de s' entacher de cette taré!
___Bon, vue que personne ne semble se demander qu'est ce qu'il ce passe là haut, je monte!
Les marches me paraissent légèrement trop nombreuses vue mon baggy qui ne me facilite pas le travail. Sans réfléchir je vais dans la chambre d'ami. ça ne peux être qu'elle qui fait ce raffut.
La porte est entrouverte, je la pousse lentement.
_________________________Me fixe.
____________________________________Ici, là,
Face à moi, Talia, de dos. Elle est en tailleur sur le lit, faisant je ne sais quoi avec ses bras. Ses cheveux tombent en cascade derrière elle. La fenêtre est ouverte, faisant régner un froid de canard. Au sol, une bouteille brisée et du sable de couleurs non identifiées. Mais...je reconnais...
-Putain! Ta pété ma bouteille!
Elle fait un bond et après avoir fait un geste rapide avec ses manches me fusille littéralement du regard.
-C'est bon, je vais nettoyer!
-Mais c'était MA bouteille!
-Oh, pov'chou! Je vais te plaindre tient!
Son ton débordant d'ironie commence à me prendre sérieusement la tête. Ma tolérance ne pourra pas en supporter beaucoup plus. J'ai beau être près de la perfection, ce n'est pas elle qui va avoir le dessus!
_______________[point de vue:Talia]
Après l'air affligé, il affiche une fois de plus ce sourire qui me donne la chaire de poule. Mais qu'a-t-il encore trouvé celui-là? Il s'approche du lit, fixant un point bien précis...Je me dégage de lui par un coup d'épaule pour filer à la salle-de-bain. Les rare gouttes commence à couler le long de mon bras, elles sont tiède. Et moi qui m'étais promise de ne plus recommencer!
_______________[point de vue:Tom]
Aie! Je me réserve de montrer ma douleur. Elle, vue sa force, elle doit avoir des talent cachés! Un sourire pervers s'affiche sur mon visage. Talia partie, je m'approche de la petite tache rouge sur le rebord en bois du lit.
________________________Du sang.
Aspect de vainqueur.
J'ai ma revanche!
-Taliaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
-Quoi?!
Ton agressif, acide, elle est à point! Sa voie sort de la salle-de-bain, parfait. Je me poste devant la porte avec la tête d'un gosse qui va soulever la jupe d'une fille.
-Alors, comme ça on a ses règles?
-De quoi tu parles?!
-Mens pas, j'ai vu la tache de sang. Dommage que David ne t'ai pas encore rendu tes valises, hein? Tu n'as rien...pov' chou! Je vais te plaindre tiens!
____________[point de vue:Talia]
Mais quel imbécile! Ce n'est pas croyable! Et ce culot de récupérer ma propre réplique! En même temps, je remercie son idiotie démesurée pour camoufler ma scarification. Mais quel dadais quand j'y pense...dix-huit ans et il me dit ça....
Je souffle sur la mèche de cheveux qui pend devant mes yeux à la pensé de donner raison à cette chose. Puis j'écoute, attendant la suite.
________________________Rien
Il a dut quitter son poste devant la porte, je l'ouvre. Personne. Une voie résonne dans le couloir ou les escaliers, je n'en sais trop rien.
-Talia a un problème f-é-m-i-n-i-n!
Cette voie moqueuse, j'enrage. Mieux vaut descendre maintenant.
Descendant l'escalier, je dévisage la scène qui s'offre à moi. Gustaf ou Gustruc (après tout, il n'a qu'à me le dire aussi!) retient un rire (quel humour, si fin...si dinstingué, c'est vrais. Riez jeunesse!) et Tom laisse entrevoir une once de fierté.
Je leur passe devant, ma vengeance se mangera froide. Il est trop tôt,
c'est encore chaud.
Si j'ai bien vu de dehors, une piscine est dans le jardin...je passe par la baie vitrée et bingo.
Un immense jardin poudré de blanc avec une piscine devant la terrasse en pierre s'offre à moi. Je m'assoie au bord et avec le talon d'une de mes bottines, brise la fine pellicule de glace qui s'était formée à la surface. Je les retires ensuite, suivis par mes chaussettes. Mes pieds nus, mon jean remonté aux genoux, je glisse avec délectation les jambes dans l'eau glacée.
Des milliers de fourmis me piquent, aiguilles de fraîcheur intense.
Après avoir vérifié que j'étais bien seule, je passe aux bras. Un léger cri sort de ma bouche aux contact de la chaire à vif, bien que minime, et de la glace. J'entends un glissement. La bais vitrée, on l'ouvre. Je retire aussitôt les bras et rabaisse mes manches, camouflant les traces de ma désolation.
Une tignasse noire s'assoit à mes côté, les pieds sur la glace. Elle n'est pas si fine que ça finalement.
On reste ainsi, côte à côte, immobile. Aucun mot ne sort. Je parcours du regard ce magnifique paysage. Un peu de neige et ce lieu devient tout de suite superbe! Allez comprendre!
La terrasse illuminée reflète sa lumière sur la pelouse devenue blanche. Quelques arbres, au fond, se dandinent de droite à gauche, leurs branches nues me faisant penser à des mains acérées. Quoi? Ce n'est pas un monde féerique non plus...
-Tu trembles.
Quelle perspicacité!
-Tient.
Je sens sur mes épaules un manteau, non, rectification, c'est un blouson. Du cuire vue le col qui me chatouille le nez.
Il a brisé le silence et ces quelques centimètres qui nous séparaient en m'entourant pour m'enfiler le blouson.
-Merci
Un "merci" qui veut dire "laisse moi, j'en veux pas de ton manteau, j'aime ressentir les choses et le froid en fait partie. Parts, je t'en pris, tu m'étouffes ici". Mais il ne semble pas avoir saisit ces deux phrases dans ces cinq lettres. Logique me dire-vous, qui le pourrait?
_____Je reste rivée sur la neige qui tombe. Je sais que c'est lui, je refuse malgré tout de le regarder. Je ne veux pas. Je ne peux pas.
Je ne parviens pas à le cerner. Quand il ne m'ignore pas, il me sourit, m'ouvre portières et portes et me couvre même de son blouson. Vous y voyez une quelconque logique vous?
-Hum...pourquoi...pourquoi as-tu tabassé cette fille?
Tu as raison, allons directement au vif du sujet. Laissons les politesses de "commens vas tu?" et les questions pourtant logiques mais inutiles du style "pourquoi as-tu les jambes dans la piscine gelée?" derrière et fonçons au sujet délicat comme la soie.
-Je veux juste comprendre....
Ne te justifies pas Bill! Tu te rends faible. Une proie à l'aspect d'innocence....
Je lève la tête, ses yeux charbonneux m'envahissent et me brûlent. Étrange impressions. C'est comme s'il lisait à l'intérieure de moi. On reste là, yeux dans les yeux, se défiant mutuellement.